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Fêtes et surconsommation

Chaque année pendant la période des fêtes, on assiste à le même déferlante de consommateurs assoiffés et avides d’achats dans les magasins illuminés et joliment décorés. C’est l’esprit de Noël qui s’abat sur nous et sur notre porte-monnaie surtout.  Cette prise d’assaut générale ravit les marqueteurs qui rivalisent d’ingéniosité pour nous en mettre plein la vue. Comme tout le monde, j’aime partir à la recherche de la petite attention qui plaira à un de mes proches. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que tout ça revêt un côté excessif, voir malsain. Et de là, je me mets à réfléchir à l’importance de la consommation pour le développement durable

Les limites de la surconsommation ont été mises au jour depuis longtemps  et ont véritablement été introduites dans les débats publics lors du sommet de Rio en 1992. Au sommet mondial pour le développement durable en 2002, on parle de la nécessité d’établir « un cadre décennal de programmes à l’appui des initiatives régionales et nationales visant à accélérer le passage à des modes de consommation et de production durables ». Cela s’est traduit par la multiplication de labels écologiques, l’introduction sur le marché de produits plus respectueux de l’environnement et des individus, des mesures d’encouragement et de sensibilisation, etc.

C’est un progrès, il n’en reste pas moins, que la part de la consommation responsable dans la consommation globale reste marginale, et que le nombre de personnes ayant fait leurs courses de Noël en ayant un réel souci de regarder au-delà des étiquettes est infime.  On a l’impression d’assister à une prise de conscience progressive que la surconsommation n’améliore pas nécessairement la qualité de vie. Mais force est de constater qu’il existe une différence entre les discours des consommateurs et leurs actions, c’est ce qu’on appelle l’ « attitude-behaviour gap ».  Car dans la réalité, les consommateurs aspirent à posséder toujours plus, ils n’ont pas fondamentalement modifié leurs attentes et leurs comportements.

Il faudrait trouver un juste milieu entre frugalité et opulence en parvenant à placer la consommation responsable dans la consommation courante. Elle ne devrait pas représenter un créneau de marché restreint. Sauf que là, vous vous dites « c’est bien joli mais je le trouve où l’argent pour consommer responsable ? ».  Car c’est bien là le principal obstacle à la consommation responsable : il n’y a aucune incitation économique qui encouragerait les consommateurs à se comporter de la sorte. Un consommateur sur cinq en Europe serait prêt à payer plus cher pour un produit responsable (enquête Mori).

Les outils d’éducation et les campagnes de sensibilisation ne suffisent pas. Au contraire, cela a peut-être tendance à exaspérer le consommateur qui culpabilise de ne pas pourvoir consommer responsable, il a le sentiment de passer pour quelqu’un de déviant. Il faut alléger cette pression qui pèse sur ses épaules : parler d’effort collectif et non pas de démarches individuelles à contre-courant. Une autre solution qui allègerait cette pression qui pèse sur les consommateurs serait d’encourager les fabricants de produits et prestataires de services à supprimer progressivement leurs produits et services ayant l’impact social et environnemental le plus négatif. La consommation responsable deviendrait une norme par défaut et profiterait aussi aux consommateurs moins aisés financièrement.

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