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Archives de la catégorie ‘Trublione observe les entreprises’

« Eco-responsable », le gros mot selon Influencia

Le petit abrégé numéro 15, d’Influencia, le « trendmag des influences » en communication, marketing et média, dénonce l’utilisation opportuniste du mot « eco-responsable » par les entreprises.

Greenwashing is watching you… mais plus fort que les allégations sur les vertus vertes de certains produits ou comportements , il y a ce jeu pernicieux avec notre bonne conscience, notre culpabilité alors que la machine continue de tourner à plein tube, au plus grand mépris des peuples et de l’environnement.

Petit Abrégé (15) : Éco-responsable from DHOO on Vimeo.

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Tendance : l’année 2012 sera celle de la consommation collaborative

La consommation collaborative traduit l’explosion rapide de pratiques traditionnelles comme le partage, le troc, le prêt, l’échange, le don, réinventées par les nouvelles technologies de mise en réseau qui les font vivre à une tout autre échelle qu’auparavant.

La consommation collaborative pourrait bien représenter un changement aussi profond que la révolution industrielle selon Lauren Anderson de la société « Collaborative Consumption« , elle explique que le « nous » de l’ère collaborative, remplacera bientôt le « je » de l’ère industrielle. Citée comme l’une des dix idées qui vont changer le monde par le Time Magazine et détectée comme l’une des 12 tendances de consommation de l’année 2012 par l’institut d’études « Trendwatching« , la consommation collaborative prend réellement de l’ampleur aux Etats-Unis et tend à se propager en France.

De CityzenCar à AirnB, en passant par Vestiaire de Copines, nous échangeons tout, nos voitures,nos maisons et même nos vêtements. Les sites de consommation collaborative se multiplient comme des petits pains :  tout a commencé avec le développement des sites de revente entre particuliers comme Ebay, puis les sites de location comme Zilok,  E-loue (même les chèvres pour tondre votre pelouse), les sites de location spécifiques pour les jouets (Ecojouets, Monjoujou…), les vêtements et ustensiles de mode (Ma bonne amie, mon dressing secret, mate mon sac,…). Puis ce sont les sites de dons et de trocs qui sont apparus (Freecycle, MyRecycleStuff, TrocTribu, Bookcrossing pour les livres…), les sites de mutualisation de l’utilisation de biens (l’électroménager avec La machine du voisin, la voiture avec Covoiturage, et la maison avec Couchsurfing ou trocmaison…),  mutualisation de la consommation alimentaire (commandes groupées auprès des agriculteurs de la régions grâce au réseau Amap et La ruche qui dit Oui, l’échange de produits du jardin et de plats cuisinés avec  Cavientdujardin, Supermarmitte…).

Enfin la consommation collaborative c’est aussi l’échange de services, le troc de savoir-faire, le partage d’expériences : partager vos compétences sur skilio, apprenez à réparer tous vos objets sur commentréparer, échanger des services grâce aux systèmes d’échanges locaux ou à trocdeservices, co-financer un projet ou une start-up sur Kisskissbankbank ou Wiseed, particpez à un cours de cuisine collaboratif  grâce à Restolib, partagez un repas avec des inconnus grâce à colunching, partager un espace de travail commun (Lacantine, Laruche, Mutinerie, Nextcoworking…), échanger des biens et des services entre entreprises avec b2Bentrade, etc.

Bref aujourd’hui et demain, vous l’aurez compris, c’est l’usage qui prendra le pas sur la propriété. Cette optimisation de l’usage est désormais permise par Internet et est un excellent moyen de palier à la sous-utilisation classique des biens que nous possédons. En effet, il parait que pendant toute la durée de possession de votre voiture, elle restera inutilisée 92% du temps, tout comme votre perceuse que vous utiliserez en moyenne 12 minutes au total…En bref, la consommation collaborative, c’est des économies, de l’écologie et des valeurs communautaires.

Pour un résumé clair et pertinent de ce qu’est la consommation collaborative, je vous invite à visionner la dernière vidéo d’Adesias ci dessous :

La consommation collaborative from adesias. on Vimeo.

Et comme complément de lecture :

  • le blog de la consommation collaborative : ici
  • cet ouvrage :

Campagne Biocoop : le bio n’a rien à cacher

Biocoop, réseau de magasins spécialisés dans la distribution de produits bio et issus du commerce équitable, lance sa première campagne de communication grand public :  « Notre bio n’a rien à cacher« .

Face à la concurrence accrue de la grande distribution, Biocoop réagit en insistant sur la transparence totale que l’enseigne garantit à ses consommateurs et son engagement en faveur d’ « une bio exigeante ».

L’humour utilisé dans ces visuels tranche avec le ton austère, parce que très descriptif, généralement utilisé dans la communication sur les produits biologiques par les distributeurs indépendants. Cette campagne réussit avec simplicité à transmettre des messages clés : les points forts de Biocoop sont ses produits 100% bio, sans OGM, locaux, de saison et son réseau de producteurs partenaires.

Une publicité réalisée qu’avec des déchets

Barefoot Wine & Bubbly, fabricant de vin californien et Surfrider Foundation, en collaboration avec l’agence BBDO San Francisco ont réalisé cette affiche publicitaire uniquement avec des déchets.

Cette initiative de « recyclage artistique » annonce la sortie de « One Beach », une film documentaire mettant à l’honneur des artistes, sportifs, et autres trublions qui se mobilisent pour trouver des solutions innovantes et créatives pour rendre les plages propres et durables.

L’affiche du film a donc, tout « naturellement », été conçue  à partir d’environ 17 500 détritus récupérés sur les plages du Sud de la Californie.

La tribu des planteurs

La Fondation Yves Rocher lance une nouvelle campagne internationale, « La tribu des planteurs« , en faveur de la reforestation et se lance le défi de planter 50 millions d’arbres.

L’implication de la célèbre marque de cosmétique dans la préservation des forêts commence lors de sa participation au sommet de la Terre à Rio en 1992, Jacques Rocher, à l’origine de la Fondation, plaide la cause de la forêt amazonienne en diffusant un appel signé par 300 000 personnes.

L’engagement prend un véritable essor lorsque Jacques Rocher, rencontre, en 2007, Wangari Maathai, première femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la paix, et marraine de la campagne « Plantons pour la Planète » menée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Cette rencontre inspirante marque le lancement d’un projet planétaire, par la Fondation, consistant à planter un million d’arbres.

Aujourd’hui, à l’occasion des 20 ans de la Fondation Yves Rocher et de Rio 2012, l’entreprise fête ces deux anniversaires en se fixant un nouvel objectif : planter 50 millions d’arbres, en partenariat avec des ONG spécialistes de la reforestation. Cette opération baptisée « La Tribu des Planteurs » rassemble les planteurs du monde entier et constitue une véritable chaîne humaine pour lutter contre la déforestation.

Voici un aperçu de la tribu des planteurs qui s’agrandit de jours en jours :

 

Pour grossir les rangs de la tribu des planteurs, rendez-vous sur le site :

http://www.rejoinslatribudesplanteurs.org/

Psychologie: immersion dans les méandres du cerveau du consommateur (part1)

Dans un article récent sur la consommation responsable, je vous expliquais qu’il existe un fossé entre les intentions d’achat des consommateurs et leurs actes. Si on en croit les sondages, près de 80% des français consommeraient des produits bio ou équitable régulièrement. Or si ces chiffres reflétaient la réalité, le volume des ventes de ces marchés seraient très important, mais ce n’est pas le cas…Qu’est-ce qui se passe dans la tête du consommateur au moment où celui-ci fait des achats? Je vous propose de passer en revue quelques théories psychologiques qui expliqueraient les comportements inconscients qui nous pousse à consommer de manière responsable ou non.

La théorie de la dissonance cognitive par exemple, est bien connue: lorsqu’un individu reçoit une information en conflit avec son système de croyances et ses attitudes, il ressent « une tension psychologique ». Il va essayer de réduire cette dissonance : soit il refuse la nouvelle information ou la minimise, soit il réévalue ses croyances en conflit.

Les consommateurs ne réagissent pas de la même façon lorsqu’ils reçoivent une information. Face aux informations relatives au développement durable, certains vont donc faire évoluer leurs comportements et d’autres vont rejeter tout ce qui attrait à la consommation éthique.

Par exemple, j’aime énormément les KitKat, mais un jour j’apprends que mes barres chocolatées préférées sont responsables de la déforestation massive en Indonésie (pour l’extraction d’huile de Palme), cette idée me met mal à l’aise, soit je vais me convaincre que « les arbres ca repoussent et puis, je ne suis pas la seule à en manger après tout!’ et continuer à en consommer, ou alors je vais m’informer un peu plus, découvrir les mises en garde de Greenpeace, puis décider de boycotter le produits. Chacun réagit différemment quand il s’agit, en fait, de se rassurer.

Une autre notion qu’il est important de souligner, le locus de contrôle : il correspond à la tendance des individus à attribuer les évènements heureux ou malheureux de l’existence à des causes externes ou internes.

Quelqu’un qui a un locus de contrôle interne considère que ses échecs et réussites dépendent de lui. C’est une personne qui a un sentiment de contrôle fort et pense donc avoir un réel pouvoir à travers ses actes d’achats par exemple.

Celui qui a un locus de contrôle externe pense que les échecs et les réussites dépendent de facteurs externes comme le destin, la chance, le hasard, etc.

Les personnes ayant un locus de contrôle externe sont en générale plus résignées et pensent qu’elles ne peuvent pas changer les choses en consommant de manière responsable.

Je terminerai la première partie de cet article par un petit conseil de marketing responsable, les consommateurs doivent croire que leur comportement individuel peut faire une réelle différence et qu’ils ont la capacité de changer les choses.

Les consommateurs se font mousser dans les sondages…

Tout pense à croire que le consommateur est prêt à s’engager et à consommer de manière plus responsable, en somme devenir un consom’acteur. Mais sont-ils réellement en train de changer leurs habitudes d’achat? Il existe un décalage entre les sondages sur la consommation responsable et les faits.

Ethicity révèle que 78,9% des français disent choisir des produits et services respectueux de l’environnement et 77,1% affirment faire attention de ne pas acheter de produits/services à des entreprises dont ils réprouvent le comportement. Ces résultats sont corroborés par une enquête du CREDOC en 2007, 44% des personnes déclarent « tenir compte des engagements de citoyenneté au moment des achats », 61% seraient prêtes à payer un supplément de prix de 5% et enfin, 31% ont « déjà, dans le passé, boycotté un produit précis ».

Mais l’homme a cette particularité de ne pas faire tout ce qu’il dit…

En effet, nous constatons que  les marchés qui reposent sur les valeurs du développement durable, l’agriculture biologique ou le commerce équitable par exemple, ne pèsent toujours pas très lourd en termes de volume. Selon L’Agence Bio, l’agriculture biologique ne représente que 1,2% du volume des ventes de produits alimentaires en France en 2007. Bien que les taux de croissances de ces marchés aient réellement progressé : par exemple, le chiffre d’affaire de Max Havelaar en 2007 s’est élevé à 210 millions d’euros contre 12 millions seulement en 2001. De même l’investissement socialement responsable représentait en 2007 28,5 milliards d’encours, un chiffre qui a été multiplié par 30 depuis 2001. Pour autant, ce n’est pas parce que ces marché ont connu des taux de croissance importants, qu’ils sont conséquents aujourd’hui, c’est davantage parce qu’ils partaient de rien.

Comment pouvons-nous expliquer cet écart entre les données de volume de ventes et les études dans lesquelles les français affirment consommer de manière responsable. Où sont passés les 42% de français qui affirment consommer au moins un produit bio par mois (Agence Bio, 2007) ? D’une manière générale, les français ont du mal à changer leur comportement au quotidien que ce soit pour le tri des déchets ou les économies d’énergies (en utilisant des ampoules à basse consommation par exemple). Un rapport du CREDOC datant de 2008, confirme cette réalité en mentionnant que pour les ménages le confort prime largement sur les économies d’énergies.

Il est avantageux de s’afficher comme un consommateur responsable en répondant à un sondage mais il est beaucoup moins facile d’en être réellement un. Seulement 30 à 40% des intentions seraient réellement mises en œuvre (CRIOC), ce qui n’est pas sans poser problèmes au marketeurs qui se basent sur cet indicateur avant le lancement d’un produit. 40% des consommateurs disent vouloir acheter des produits plus responsables mais seuls 4 % le font vraiment selon l’étude « talk the walk » du cabinet Utopies en 2005. Les personnes participant à une enquête vont consciemment ou non surestimer leur intérêt pour le sujet dans le souci de plaire.

Les alterconsommateurs restent donc une minorité, selon le cabinet Thema, ils ne représenteraient que 15% de la population française. On peut se demander si ces marchés alternatifs vont se développer au-delà des niches ?

Pour illustrer l’enjeu de la consommation responsable, je vous propose de revoir cette vidéo du National Geographic sur l’empreinte écologique individuelle.

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